Quand le stress s’installe, les compléments attirent vite l’attention. Le cadre est plus strict qu’il n’y paraît, et les promesses vont souvent plus loin que ce que les autorités autorisent. Mieux vaut distinguer les plantes, les vitamines et les minéraux, puis regarder ce qui est réellement encadré.
Plantes et stress, un cadre très limité
En France, les plantes utilisables dans les compléments alimentaires figurent sur une liste encadrée par l’arrêté du 24 juin 2014¹. Les allégations de santé déposées pour les plantes restent, à ce jour, en attente d’évaluation au niveau européen¹. Autrement dit, aucune allégation de santé sur une plante n’est autorisée dans le registre de l’Union pour parler de stress ou d’apaisement¹.
Ashwagandha, prudence renforcée
L’ashwagandha fait partie des plantes les plus mises en avant pour le bien-être, mais l’ANSES demande la prudence. L’agence indique qu’aucun niveau de consommation sans risque ne peut être défini faute de données suffisantes². Elle signale des suspicions d’effets indésirables sur la thyroïde, le foie, le cœur, le système nerveux central, la fertilité et le développement fœtal². Des effets sédatifs sont aussi signalés².
- à éviter en cas de conduite ou d’utilisation de machines
- à éviter en cas de pathologie thyroïdienne, hépatique ou cardiaque
- à éviter en cas d’hyperandrogénie
- à éviter pendant la grossesse
- à éviter en cas de traitement sédatif
- par précaution, à éviter pendant l’allaitement et avant 18 ans
L’ANSES recommande aussi de signaler toute prise de complément à son médecin et d’éviter d’en cumuler plusieurs².
Rhodiola et griffonia, aucune allégation autorisée
La rhodiola et le griffonia sont parfois présentés comme des aides contre le stress, mais aucune allégation de santé sur une plante n’est autorisée à ce jour par le registre de l’Union¹. Leur statut relève des plantes dont les allégations sont encore en attente d’évaluation¹.
Magnésium, vitamine B6 et vitamine B12 : les seules allégations utiles à retenir
Pour le stress, certaines personnes se tournent vers les nutriments plutôt que vers les plantes. Là encore, il faut s’en tenir aux allégations autorisées et aux conditions d’emploi. Une allégation de vitamine ou de minéral s’applique seulement à une denrée au moins « source » de ce nutriment³.
| Nutriment | Allégations autorisées citées mot pour mot |
|---|---|
| Magnésium | « Le magnésium contribue à réduire la fatigue » ; « ... à des fonctions psychologiques normales » ; « ... au fonctionnement normal du système nerveux » |
| Vitamine B6 | « La vitamine B6 contribue à des fonctions psychologiques normales » ; « ... à réduire la fatigue » |
| Vitamine B12 | « La vitamine B12 contribue à des fonctions psychologiques normales » ; « ... à réduire la fatigue » |
Ces trois nutriments reviennent souvent dans les compléments « anti-stress », mais seul le cadre réglementaire permet de parler de fonctions psychologiques normales et de fatigue dans des termes précis. Pour aller plus loin sur le magnésium, un autre article détaille le budget, la durée et l’efficacité d’une cure de magnésium bisglycinate sur le magnésium bisglycinate.
Vitamines, minéraux et repères à connaître
Le magnésium, la vitamine D, le zinc, la vitamine C, le fer, les vitamines B6, B12 et les folates figurent parmi les nutriments encadrés par des valeurs nutritionnelles de référence⁴. Pour plusieurs d’entre eux, des limites supérieures de sécurité sont aussi précisées chez l’adulte⁵. Le cadre européen autorise certaines allégations³.
- magnésium, contribution à la réduction de la fatigue et au fonctionnement normal du système nerveux
- vitamine D, contribution au fonctionnement normal du système immunitaire et au maintien d’une fonction musculaire normale
- zinc, contribution au fonctionnement normal du système immunitaire
- vitamine C, contribution à la réduction de la fatigue et au fonctionnement normal du système immunitaire
- fer, contribution à la réduction de la fatigue et au transport normal de l’oxygène
Un point mérite une attention particulière, la vitamine B12. Les régimes végétaliens manquent de vitamine B12 selon l’ANSES⁶.
Compléments alimentaires, la règle avant l’achat
La directive 2002/46/CE définit les compléments comme des denrées destinées à compléter le régime alimentaire normal, vendues en doses⁷. L’étiquette doit indiquer la portion journalière recommandée, un avertissement contre le dépassement de cette dose, la mention qu’ils ne remplacent pas un régime alimentaire varié, ainsi que la consigne de les tenir hors de portée des jeunes enfants⁷.
L’ANSES rappelle plusieurs repères simples : demander l’avis d’un professionnel de santé, éviter les prises prolongées, répétées ou multiples, respecter les conditions d’emploi, se méfier des produits présentés comme miracles, et acheter dans des circuits bien contrôlés⁸. Pour choisir un produit bien adapté à ton rythme de vie, ce guide peut aussi aider : choisir un complément bien-être selon son mode de vie.
Quand le stress dure
Un stress qui dure mérite une discussion avec un médecin, surtout s’il s’accompagne d’insomnie, de palpitations, d’une fatigue qui s’installe ou d’une prise de compléments en série. Les plantes et les gélules ne remplacent pas un avis clinique quand le terrain devient fragile.
Réflexes utiles avant de prendre un complément
- vérifier si le produit contient une plante ou un nutriment encadré
- lire les conditions d’emploi et la dose journalière indiquée
- éviter d’additionner plusieurs compléments à la fois
- signaler la prise au médecin ou au pharmacien
- stopper en cas de réaction inhabituelle et demander un avis
Sources
- ¹ ANSES, avis du 6 novembre 2025 (saisine 2025-SA-0064), statut des allégations relatives aux plantes, consulté le 1er novembre 2026.
- ² ANSES, avis relatif aux risques liés aux préparations de Withania somnifera dans les compléments alimentaires, 19 avril 2024, consulté le 1er novembre 2026.
- ³ Règlement (UE) n° 432/2012 du 16 mai 2012, liste des allégations de santé autorisées, consulté le 1er novembre 2026.
- ⁴ Règlement (UE) n° 1169/2011, annexe XIII (valeurs nutritionnelles de référence), consulté le 1er novembre 2026.
- ⁵ EFSA, synthèse des limites supérieures de sécurité, version 11, août 2025, consulté le 1er novembre 2026.
- ⁶ ANSES, « Les protéines », 22 décembre 2025, consulté le 1er novembre 2026.
- ⁷ Directive 2002/46/CE du 10 juin 2002 relative aux compléments alimentaires, consulté le 1er novembre 2026.
- ⁸ ANSES, « Les compléments alimentaires, nécessité d'une consommation éclairée », 21 mars 2025, consulté le 1er novembre 2026.
Cet article ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.